- école lieu des apprentissages ou du remplissage ?

-école lieu du futur citoyen ou du futur consommateur ?

-l'école fait-elle encore partie de la cité* ?

*s'entendre sur le terme cité

Ma définition : espace démocratique éclairant et épanouissant les individus, lieu de dialogue et de progression, pour aller où ?

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Réponses à cette discussion

Bonjour Thierry, bonjour à tous,

Votre définition de la "cité" est riche d'une certaine complexité, n'est-ce pas ?
1)      l'espace démocratique : la démocratie définit un mode de prise de décision. Le critère du nombre, celui de la majorité, est un facteur déterminant.
2)      que cet espace soit éclairant : voulez-vous dire qu’il soit « intelligent » et « transparent », donc avec un accès à tous des critères des prises de décision ?
3)      épanouissant : avec l’idée de croitre, de s’embellir, d’irradier de beauté et de bonheur ?
4)      pour aller où : en s’interrogeant sur les finalités de la cité ?

Pour info, dans le cnrlt, j’ai trouvé cette définition de la cité : Groupe d'hommes libres constituant une société politique indépendante, ayant son gouvernement, ses lois, sa religion et ses mœurs propres.
A noter : droit de cité : Jouissance des droits qu’une cité accorde à ses citoyens.

De toutes évidences, il doit y avoir des rapports entre les visées d'une éducation et celles d'une cité (ou d'un pays). De toute évidence, l'école et la cité vont se répondre et se faire miroir l'un et l'autre. Comment démarrer ce débat, quelle question de départ prendrions-nous ?

Merci en tous les cas d'avoir posé le problème.

Bonjour René, à toutes et à tous,

Je pense que nous pouvons lancer le débat sur la dernière partie de ton texte "De toutes évidences, il doit y avoir des rapports entre les visées d'une éducation et celles d'une cité (ou d'un pays). De toute évidence, l'école et la cité vont se répondre et se faire miroir l'un et l'autre."

La cité(le pays) a-t-elle les mêmes visées que celles que nous souhaitons pour nos enfants ?

L'interrogation n'est pas tant sur les prérequis de l'enseignement général qui engendrerait un autre débat, quoique !!

Mais sur l’acculturation des futurs citoyens qui ne leur permet pas le recul nécessaire pour une réflexion sociétale et un sentiment d'appartenance à un espace démocratique.

L'individuation liée à l'utilisation non maîtrisée des nouvelles technologies ne permet plus la mise place d'un véritable agora lieu d'échange et de mise en perspective de la société.

Ce manque de connaissance de l'histoire et des faits ayant modelés notre société est un danger pour la démocratie.

Ne pas savoir d'où l'on vient ne permet pas de définir un futur à mon avis.

Pourquoi en sommes nous là ?

Y-a-t-il but rechercher par nos "élites" dans la paupérisation des leviers de réflexion du citoyen.

Bien à vous

Thierry

Bonjour à tous,

Merci Thierry pour ta réponse. Je crois effectivement que l'on peut reconnaitre qu'un processus d'acculturation est en travail, sauf qu’il se joue à l'échelle mondiale, et aucun pays n’est épargné, ni ne veut s’écarter de la course du monde. De même qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, une géostratégie politico-militaire a vu le monde se départager en deux blocs, démocratique et communiste (les autres parties du monde choisissant  leurs alliances), aujourd’hui, le monde se reconfigure sous des contraintes multiples (financières, climatiques,  démographiques), contraintes liées également à la gestion des matières premières, à celles des ressources alimentaires, et motivées par l’aspiration légitime de chaque pays à l’autonomie et au progrès.

Je poserai donc une autre question que celle du pourquoi en sommes-nous là ? Comment réussir à vivre dans un monde qui comptera à l’horizon 2050, 10 milliards de personnes aspirant toutes à plus de progrès et à plus d’autonomie ?  Ce ne me semble possible qu’en développant davantage des capacités de collaboration, des synergies complémentaires, en bref, une intelligence de la coopération et du sens de l’autre à l’échelle mondiale plutôt que des rapports obtus de domination.

Sinon, pour revenir à la question : que faut-il apprendre aujourd’hui ? Je répondrais : pas seulement l’histoire chauvine de notre pays, mais les mouvements généraux qui montrent comment les pays se construisent dans un contexte de rivalités et d'alliances sur un plan mondial, et sur la base de leurs ressources internes. L’éducation est à la base des ressources internes de chaque pays.

Merci de votre attention.

Mes salutations les meilleures à tous.

L'école publique n'a pas de visées éducatrices, celles-ci dépendant, dans un principe laïque, de la sphère privée, elle n'a, donc, qu'un objectif d'instruction ; c'est à dire d'apporter les indications permettant l'apprentissage de chacune des matières et l'intégration dans l'environnement public.

L'appellation "Education Nationale" n'est, donc pas opportune et ne correspond pas à la réalité ou devrait être, uniquement, à l'usage des éducateurs que sont les parents.

L'Instruction Nationale, qui devrait en être la juste appellation, encadre des instructeurs dont le titre de "Professeurs (des écoles, de Mathématique ou autre)" indique leur rôle réel ; en effet, Ils (ou elles) ont pour objectif l'enseignement unique de leur matière et, comme seul lien avec leur collègues, un fil rouge qui peut être "le conte", "le cirque", "l'environnement" etc. Bref, ce qui est appelé : "Projet d'école" et dont le thème change chaque année.

Alors, "Ecole, lieu d'apprentissage ou de remplissage ?" Cela dépend des éducateurs qui permettront, ou non, à l'élève d'utiliser, au quotidien, le contenu de ce qui lui est dispensé en cours. D'où l'importance de l'investissement des parents au sein des établissement scolaires et pas, uniquement, pour la confection de pâtisseries vendues au bénéfice du FSE.

Le problème est donc bien la dichotomie résultante de l'appellation de l'institution et du rôle réel de ses représentants et donc de l'attente du public et de la réalité ou de la faisabilité et, donc, de la prise de conscience quant à la définition des rôles.

Ce qui me permet d'aborder la deuxième question, car si l'école peut et doit apporter, les éléments décrivant ce que doit être un citoyen, une cité, une république, un état laïc ainsi que de donner les règles comprenant les droits et les devoirs de chacun, c'est aux éducateurs d'en faire la démonstration au quotidien.

Nous commençons à entrevoir les limites et difficultés de notre système, car, comment demander à des individus libres et égaux en droit, mais ni toujours libres en temps et en choix, ni tout à fait égaux face aux réalités socio-économiques, d'être acteurs positifs et en adéquation avec l'enseignement général et sa linéarité ?

Comment permettre à nos enfants de devenir des citoyens responsables, acteurs d'un état laïc et républicain, fiers des valeurs de la Nation et gardiens de cet espace public où règne la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, si leur parents et adultes référents n'ont pas, déjà ces rôles et qualités ?

 

Bonjour à tous, cher Christophe,

Je partage avec vous, et jusqu’à une certaine limite, une certaine analyse du problème, vos dernières questions en illustrent bien la complexité : Comment permettre à nos enfants de devenir des citoyens responsables […] si leur parents et adultes référents n'ont pas, déjà ces rôles et qualités ?
Dans le fond, les identités sont en tension entre des fonctions de parents, de professeurs, d’éducateurs, sans mentionner les facteurs d’inégalité et la réalité socio-économique que vous avez également évoqué.  Mais précisément, en affirmant (en décidant d’autorité) que l’école publique n’a pas de visée éducatrice mais seulement un devoir d’instruction ne crée-t-on pas une séparation irréelle ? En effet, le parent, l’éducateur ou le professeur ne sont-ils pas tenus d’incarner et d’ajuster simultanément ces différentes casquettes ? Existe-t-il des « connaissances pures » qui peuvent être transmises sans considération du contexte, sans prendre garde à l’attention de l’apprenant, sans vérifier le transfert de compétences (l’apprenant peut-il adapter son savoir ou répète-t-il comme un perroquet ?), peut-on enseigner sans considérer qui apprend à qui ?
Les enseignants ont certainement besoin d’être soutenus, notamment par des assistants,  et l’école ne peut pas tout par ailleurs, mais un clivage radical entre  instruction et éducation va contre toutes les théories des sciences de l’éducation, des sciences cognitives et cela contredit la réalité de l’acquisition des savoirs. On apprend d’autant mieux que l’on est bien accompagné dans l’acquisition des savoirs instruits.

J’ai trouvé l’exemple ci-dessous sur ce site : http://www.pedagopsy.eu/page647.htm
A votre avis, quel enseignant aura le mieux transmis son savoir ? Celui qui répond :
"C'est exact puisque je te le dis" (sous-entendu, c'est moi qui sait) ou,
"C'est exact, je vais te le prouver en faisant une démonstration" Ou bien:
"Trouve deux camarades, mettez-vous au fond de la classe et cherchez à voir si c'est exact, vous nous donnerez ensuite vos conclusions"

Ce sont là des approches pédagogiques différentes et qui produisent chacune des résultats également différents : le savoir instruit est toujours associé à des approches pédagogiques, ces dernières en définissent le cadre éducatif. La pédagogie s’entend autant sur le séquençage de la leçon à instruire que sur l’accompagnement relationnel qui conduit cette dernière.

Cela dit, je partage entièrement votre avis quant à l’implication des parents envers l’école. Se pose la question de comment mieux mobiliser et intéresser ces parents que l’école n’inspire pas ?

Merci de votre écoute.

Cher René, Chers Tous,

Je suis en totale adéquation avec tes propos, cependant, et je ne suis pas enseignant, je constate et rapporte des propos de représentants de l'Education Nationale qui, sur les ondes, entres autres, expliquent qu'"ils" ne doivent pas être pris pour des Éducateurs. Ceci reportant la faute sur le(s) parent(s) et leur "démission"...... 

C'est donc, en partant de cette constatation que j'ai forgé ma réflexion ; mais comme dans toute chose négative existe une genèse positive, je crois, qu'en prenant au mot ces "Professeurs" nous pourrions, nous citoyens et accessoirement parents, grands parents ou je ne sais qui, demander voire imposer, au sein des lieux d'enseignement, que soit mis en place des rencontres interactives et régulières, sur un sujet fondamental tel que "l'Autre", "la peur", "la violence", "l'ennui", "qu'est-ce que l'avenir?", etc. avec les enfants, les enseignants ET les parents.....

Pourquoi pas ?

Grand éclat de rire. J'avais presque du mal à comprendre ;-) Merci d'avoir rapporté ces propos, ce fût l'occasion pour moi de fouiner un peu pour dégager une réponse, je ne suis pas non plus enseignant. Il est possible que bien des parents aient peur de l'école et que des actions visant à les en rapprocher puissent être tentées.

Il me semble que la nouvelle formation des enseignants va mieux prendre en compte les conditions d'apprentissage dont les enfants ont besoin pour bien apprendre. Reste à suivre, à soutenir et à écouter les enseignants durant l'exercice de leur profession : le métier d'enseigner s'apprend, se développe et s'affine tous les jours.

Merci d'avoir provoqué cette discussion.

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